Culture de transition


Par culture de transition nous entendons les changements dans les manières de penser et de faire qui seront nécessaires pour faire face aux défis des quatre crises actuelles, indissociables les unes des autres: pic pétrolier, changements climatiques, crise alimentaire, crise financière.

Les initiateurs du mouvement Transition Towns en Angleterre, qui sont aussi les créateurs du site Transition culture, ont saisit le lien étroit existant entre le pic pétrolier et le réchauffement climatique. Ils ont fait de ces deux défis l'objet d'un combat unique sur un large front, correspondant à leur interprétation de la maxime « Penser globalement, agir localement. »

On peut déjà constater que la hausse du prix de l'essence a relancé le covoiturage. Résultat: là où il y avait une personne seule dans une voiture, il y en a maintenant trois ou quatre qui partagent leurs idées, leur humanité en même temps que le coût de l'essence. La transition pourrait avoir pour effet de multiplier ces situations où une perte de puissance sur le plan matériel se traduira par un gain sur le plan humain. Pour établir les priorités dans l'usage d'un pétrole de plus en plus rare, il faudra tenir des discussions à tous les niveaux de la société, ce qui aura aussi pour effet de rapprocher les gens les uns des autres. Mais les comportements égoïstes pourraient aussi donner le ton, aggravant des tensions déjà inquiétantes.

La transition pourrait avoir pour effet de multiplier ces situations où une perte de puissance sur le plan matériel se traduira par un gain sur le plan humain.

L'expression culture de transition est utilisée en agriculture biologique pour désigner, par exemple, une plantation de luzerne destinée à réduire la quantité de mauvaises herbes dans le sol en vue de le rendre propice à la culture maraîchère. Ce dernier usage du mot est une belle métaphore pour illustrer la culture de transition dans le sens que nous lui donnons. L'expression époque de transition est utilisée pour désigner le passage d'une ère géologique à une autre, du paléolithique ou néolithique par exemple.  Ce passage a été celui de la chasse et de la cueillette à l'agriculture. On a de bonnes raisons de croire que la transition dans laquelle nous entrons sera d'une ampleur comparable et qu'elle pourrait être plus difficile car parce que, à l'échelle géologique, elle devra se faire en quelques minutes.

 

Ces quelques minutes équivaudraont pour nous à quelques  décennies d'incessantes et difficiles adaptations qui pourraient aussi être des années passionnantes si nous pouvions nous montrer capables de la créativité et de la solidarité que l'histoire exigera de nous.

Quelques décennies, c'est bien peu de temps pour une transition aussi radicale. La tension sera donc très grande pendant tout le temps qu'elle durera. Nous aurions dû entrer dans cette période de transition dès le début de l'ère du pétrole, car nous savions que les réserves de cette source d'énergie non renouvelable étaient limitées. Nous ne l'avons pas fait. Nous n'avons pas non plus tiré les bonnes leçons de la première crise de l'énergie survenue après le Pic pétrolier américain, lequel a été atteint en 1970 comme l'avait prévu King Hubbert dès 1956. Le président Jimmy Carter a perdu les élections de 1980 aux États-Unis immédiatement après avoir obtenu que son pays opère un premier virage vers les énergies alternatives. Son adversaire Ronald Reagan s'est empressé d'abolir les programmes qu'il avait mis en place pour assurer le financement des nouveaux projets. S'ensuivirent 25 années de dénégation et d'euphorie marquées par le retour des véhicules énergivores. Ce temps est révolu. Un nouveau Reagan est impossible. C'est plutôt un nouveau Carter qui sera élu aux États-Unis en la personne de Barack Obama. Un signal bien déterminé sera ainsi donné au reste du monde.


 


 

 

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Vidéo


Ville saturée, hyper-urbanisée (au détriment notamment des terres cultivables) et connaissant de nombreux pics de pollution tout au long de l’année, Grenoble et son agglomération sont aujourd’hui des modèles de ce qu’il ne faut pas faire en terme d’urbanisme. Or, à l’heure des bouleversements climatiques et de la crise écologique multiforme, il existe pourtant un risque non négligeable de voir par exemple de nouveaux projets routiers rendus compatibles avec le ScoT et de constater que l’obligation « d’intégrer l’empreinte écologique » peut faire l’objet d’interprétations pour le moins réductrices... Au reste, le film rappelle que les occasions ne manquent pas pour les décideurs locaux de se passer de l’avis de la population dans la mise en oeuvre de grands projets (Minatec).

Ainsi, à travers un film qui a la prétention d’aller plus loin que les bonnes intentions affichées du ScoT en posant les questions qui dérangent (décroissance, démocratie, etc.), les Amis de la Terre Isère souhaitent d’une part réaffirmer que l’urgence de la crise écologique nous impose de vrais choix politiques au service de tous et destinés à s’inscrire dans la durée, et d’autre part, attirer l’attention sur le fait que l’élaboration du ScoT est une occasion unique pour les habitants de contribuer à définir des directives conformes aux objectifs de la France pour 2020 : 20 % d’économie d’énergie, 20 % de réduction de GES par rapport à 1990 et 23 % d’énergies renouvelables (loi Grenelle du 3 août 2009).

«  Grenoble 2030 » s’appuie sur le témoignage d’objecteurs de croissance (Paul Ariès) et d’acteurs de l’écologie au niveau national (Pierre Rabhi), apportant un éclairage sociologique et philosophique. Le film donne également la parole à des citoyens concernés par le devenir de leur territoire de vie : Rocade Nord, agriculture, pollution de l’air, déchets, etc.

Le chiffre du jour

Au 31 décembre 2009, le nombre total d'Initiatives de Transition officielles dans le monde était de 265. Combien y en aura-t-il à la fin de 2010 ? Heureuse année!