Pourquoi la transition a besoin de tout le monde


Deux des particularités du mouvement des villes en transition sont qu’il s’adresse à la communauté, plutôt que de mobiliser les gens sur des petits gestes simples ou de les déresponsabiliser en donnant priorité aux politiques, et qu’il est le plus inclusif possible. Dans ce billet je vais dire pourquoi je pense que tout le monde est concerné, et que la mobilisation doit se faire à toutes les échelles.

Les enfants vont vivre presque entièrement dans un monde d’énergie déclinante, il est urgent de les associer au processus de transition, car il prendront la relève à un moment clef (conséquences du changement climatique). Les adultes forment le gros des troupes, et sont aux postes décisionnels. Ils sont issus des 30 glorieuses, où les choses se sont emballées, il est donc important d’un point de vue éthique qu’ils participent à la transition. Les personnes âgées sont une source de connaissance car elles ont connu un monde consommant moins d’énergie, et elles ont vécu des périodes de guerres riches en enseignement.

Les riches sont ceux qui consomment le plus “par tête”. Ils fixent également la norme sociale vers laquelle tendent les classes inférieures, qui les prennent comme modèle. La classe moyenne est la classe qui consomme le plus (contrairement au moyen-âge où c’était la classe la plus pauvre des paysans). Les pauvres sont les premiers à bénéficier d’une transition, car ce sont eux qui ont le moins accès aux sources financières ou énergétiques.

Les individus peuvent faire preuve de sobriété ou simplicité volontaire, dans les petits gestes du quotidien. La communauté définit les choix de société et pratique l’entraide. Les politiques peuvent protéger et encourager les choix de la communauté en jouant sur la réglementation et la fiscalité. Enfin les acteurs du domaine (industriels, artisans, …) peuvent améliorer l’efficacité des “produits” ou mettre en œuvre les manières alternatives de pratiquer leur domaine d’activité.


 

Ce texte est extrait d'un billet du blog de Nicollas (1 + 1 = salade). Il a servi de point de départ à une réflexion sur un outil qui permettrait aux communautés de transition de voir comment leurs projets s'intègrent dans un plan global. Les deux critères retenus par Nicollas sont les publics (individus, etc.) et les champs d'action. Un troisième critère nous apparaît fondamental, et celui qui résume la spécificité du concept de transition : nous l'avons appelé "Axes de transition".


Articles récents

2009-07-01 10:06:23
Par Jason Bradford publié le 10 juin 2009 dans la section Campfire (feu de camp) du site The Oil Drum   On m’a récemment demandé de...
2009-05-17 10:15:12
Deux des particularités du mouvement des villes en transition sont qu’il s’adresse à la communauté, plutôt que de mobiliser les gens sur des...
2009-03-24 04:58:29
On utilise, même en français, le mot anglais backcasting pour désigner une manière de voir et de penser qui permet d'œuvrer pour le...
2009-03-22 18:23:14
Savez-vous pourquoi on n'a guère accordé d'importance à l'agriculture lors de la récente élection à la présidence des États-Unis, bien qu'on...

Vidéo


Ville saturée, hyper-urbanisée (au détriment notamment des terres cultivables) et connaissant de nombreux pics de pollution tout au long de l’année, Grenoble et son agglomération sont aujourd’hui des modèles de ce qu’il ne faut pas faire en terme d’urbanisme. Or, à l’heure des bouleversements climatiques et de la crise écologique multiforme, il existe pourtant un risque non négligeable de voir par exemple de nouveaux projets routiers rendus compatibles avec le ScoT et de constater que l’obligation « d’intégrer l’empreinte écologique » peut faire l’objet d’interprétations pour le moins réductrices... Au reste, le film rappelle que les occasions ne manquent pas pour les décideurs locaux de se passer de l’avis de la population dans la mise en oeuvre de grands projets (Minatec).

Ainsi, à travers un film qui a la prétention d’aller plus loin que les bonnes intentions affichées du ScoT en posant les questions qui dérangent (décroissance, démocratie, etc.), les Amis de la Terre Isère souhaitent d’une part réaffirmer que l’urgence de la crise écologique nous impose de vrais choix politiques au service de tous et destinés à s’inscrire dans la durée, et d’autre part, attirer l’attention sur le fait que l’élaboration du ScoT est une occasion unique pour les habitants de contribuer à définir des directives conformes aux objectifs de la France pour 2020 : 20 % d’économie d’énergie, 20 % de réduction de GES par rapport à 1990 et 23 % d’énergies renouvelables (loi Grenelle du 3 août 2009).

«  Grenoble 2030 » s’appuie sur le témoignage d’objecteurs de croissance (Paul Ariès) et d’acteurs de l’écologie au niveau national (Pierre Rabhi), apportant un éclairage sociologique et philosophique. Le film donne également la parole à des citoyens concernés par le devenir de leur territoire de vie : Rocade Nord, agriculture, pollution de l’air, déchets, etc.

Le chiffre du jour

Au 31 décembre 2009, le nombre total d'Initiatives de Transition officielles dans le monde était de 265. Combien y en aura-t-il à la fin de 2010 ? Heureuse année!