Les fondements philosophiques


Un des principaux fondements du concept de Transition est la permaculture. La permaculture a la réputation d'être difficile à expliquer en une phrase : elle ne se laisse pas enfermer dans une définition en langage courant qui en fournirait une image précise. Il s'agit essentiellement d'un système de conception visant à créer des lieux de vie humains soutenables. En concevant la transition que nos villages et nos communautés devront inévitablement entreprendre, nous avons besoin d'un modèle permettant d'assembler ses différentes composantes - sociale, économique, culturelle et technique - de la façon la plus efficace possible. On peut voir dans la permaculture le « liant » conceptuel et le fondement éthique utilisés pour soutenir le travail de Transition, pour combiner tous les éléments d'un lieu de vie d'après le pic. Si les personnes initiées à la permaculture « saisissent » le concept de Transition avant la plupart des autres, c'est parce qu'il est fondé sur les principes de design de la permaculture. Comme j''ai passé les dix dernières années à enseigner la permaculture, son éthique et ses principes sous-tendent la plus grande part de mes réflexions.

La permaculture a été conçue dans les années 70, au moment de la première crise pétrolière, comme une « agriculture permanente », délaissant la culture annuelle et la monoculture au profit de systèmes à plusieurs étages utilisant des arbres et des plantes pérennes productifs et utiles. Son application aux systèmes agricoles a rapidement été élargie, car il devenait clair qu’une nourriture soutenable ne pouvait être obtenue sans une multitude d’autres éléments qui consituent une société — l’économie, le bâtiment, l’énergie, etc. On considère depuis que le terme « permaculture » est la contraction de permanent culture, parce qu'il désigne la création d'une cultures de la permanence. Son premier exposé approfondi, le livre « Permaculture: a Designer’s Manual » de Bill Mollison était, en fait, un manuel pour réparer la Terre, un travail étonnamment vaste, ambitieux et encyclopédique qui offrait au lecteur une boite à outils pour la restauration de la planète. Pendant les cinquante année suivantes, la permaculture a été perçue dans la psychologie collective (bien qu’elle grandit démesurément et inspira et soutint des milliers de projets dans le monde) comme une méthode bizarre de jardinage utilisant des pneus de voiture et d’obscures plantes dveant lesquelles personne ne voudrait probablement s'asseoir pour le dîner.

En 2004, David Holmgren, co-inventeur du concept, publia le livre «Permaculture: Principles and Pathways Beyond Sustainability», qui ramena la permaculture sur le devant de la scène en tant que science de design radicale, et redéfinit ses principes comme ceux dont on aurait besoin pour soutenir un monde d'après le pic pétrolier.

Quand je découvris le pic pétrolier, ma première réponse fut d’utiliser instinctivement les principes de la permaculture pour définir une réponse. Je fus frappé de constater à la fois le peu de place que le mouvement que j’affectionnais et dont je faisais partie occupait dans la conscience nationale, et la pertinence de ses intuitions dans le lancement d'une transformation massive de la société, de sorte que nous avions besoin d’une énorme montée en puissance. J’ai commencé à me demander le pourquoi de cette situation. C'est alors que je suis tombé sur un article excellent et perspicace de Eric Stewart, dans lequel écrivait :

« Il me semble que la permaculture contient deux types d’impulsions : l’une implique un retrait de la société, l’autre implique de travailler à la transformation de la société. Bien qu’on puisse considérer que le retrait de la société représente un acte transformateur de la société, je pense qu’il y a un déséquilibre dans la manifestation culturelle de la permaculture, favorisant l’isolement au détriment de l’interaction. Le changement culturel dont nous avons besoin nécessite d’augmenter l’interaction pour augmenter la disponibilité des ressources offertes par la permaculture. »

Pour moi, cela met le doigt sur le problème. La permaculture, telle que Holmgren l'a redéfinie, est un mouvement qui offre le système de conception et le fondement philosophique d’une société d'après le pic, tout en ayant le tort, selon Stewart, à se maintenir à distance de cette société. Le pic pétrolier est pour moi un appel aux ébénistes et aux fabricants de chaises dans les bois, aux maraîchers et aux pépiniéristes dans les chemins de campagne embrumés, aux installateurs d’éoliennes individuelles sur les montagnes battues par les vents, de ramener toutes les merveilleuses compétences qu'ils ont accumulées, l'expérience qu’ils ont obtenue au cours d'années de pratique et de contemplation, là où la majorité de la population commence à réaliser que les choses ne vont pas bien. C’est un appel à apprendre de nouvelles façons de communiquer avec le plus grand nombre et, avec une éthique de service, de chercher à s'engager avec le autres à une échelle sans précédent.

Dans l'approche de la Transition, je l’espère, les principes de la permaculture sont implicites, et non explicites. C’est ma tentative pour contourner le fait que la permaculture est un concept très compliqué à expliquer à une personne rencontrée dans un bar qui vous demande ce que ça signifie, si vous n’avez pas de tableau et de marqueurs et une quinzaine de minutes pour dessiner des poules, des mares et des serres. Les principes de la permaculture sous-tendent cette approche, qui a pour but de diffuser les concepts de la permaculture au plus grand nombre, en les présentant comme essentiels à toute réponse à la descente énergétique, sont à la base de cette approche. Le concept de Transition est d’une certaine manière plus facile à expliquer, laissant plus de temps pour d’autres conversations. C’est pourquoi, si vous avez des connaissances en permaculture, les principes des Transitions vous sembleront familiers.

(Traduction par Guy Morant et Nicolas, d'après The Transition Handbook, de Rob Hopkins)


 

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Vidéo


Ville saturée, hyper-urbanisée (au détriment notamment des terres cultivables) et connaissant de nombreux pics de pollution tout au long de l’année, Grenoble et son agglomération sont aujourd’hui des modèles de ce qu’il ne faut pas faire en terme d’urbanisme. Or, à l’heure des bouleversements climatiques et de la crise écologique multiforme, il existe pourtant un risque non négligeable de voir par exemple de nouveaux projets routiers rendus compatibles avec le ScoT et de constater que l’obligation « d’intégrer l’empreinte écologique » peut faire l’objet d’interprétations pour le moins réductrices... Au reste, le film rappelle que les occasions ne manquent pas pour les décideurs locaux de se passer de l’avis de la population dans la mise en oeuvre de grands projets (Minatec).

Ainsi, à travers un film qui a la prétention d’aller plus loin que les bonnes intentions affichées du ScoT en posant les questions qui dérangent (décroissance, démocratie, etc.), les Amis de la Terre Isère souhaitent d’une part réaffirmer que l’urgence de la crise écologique nous impose de vrais choix politiques au service de tous et destinés à s’inscrire dans la durée, et d’autre part, attirer l’attention sur le fait que l’élaboration du ScoT est une occasion unique pour les habitants de contribuer à définir des directives conformes aux objectifs de la France pour 2020 : 20 % d’économie d’énergie, 20 % de réduction de GES par rapport à 1990 et 23 % d’énergies renouvelables (loi Grenelle du 3 août 2009).

«  Grenoble 2030 » s’appuie sur le témoignage d’objecteurs de croissance (Paul Ariès) et d’acteurs de l’écologie au niveau national (Pierre Rabhi), apportant un éclairage sociologique et philosophique. Le film donne également la parole à des citoyens concernés par le devenir de leur territoire de vie : Rocade Nord, agriculture, pollution de l’air, déchets, etc.

La transition de A-Z

"Les organisations collectives inclusives, dont le représentant emblématique est la mouvement des villes en transition, partagent avec les organisations réactives le fait de s’adresser aux communautés. Elles s’adressent à la communauté dans son ensemble, c’est à dire autant aux personnes, qu’aux entreprises, aux instances politiques, aux associations. Le but est que tout le monde participe...