L'interface entre les Initiatives de Transition et les élus locaux


Le pouvoir du processus de Transition réside dans sa capacité à créer une véritable dynamique dirigée par les communautés, qui se relie ensuite à la politique locale, mais selon ses propres termes. Dans ce processus, le rôle que nous attribuons aux autorités locales est de le soutenir, pas de le conduire. Bien qu'il ait engendré plusieurs initiatives intéressantes, Local Agenda 21 était fondamentalement un processus du sommet à la base qui faisait semblant de ne pas l'être. Il est important que les Initiatives de Transition opèrent indépendamment des élus locaux, du moins au début. Par définition, une Initiative de Transition ne devrait pas être un projet concu et mené par le conseil municipal, même si le soutien actif et enthousiaste de l'administration locale lui est précieux. L'évolution récente, ces derniers mois, a été que la première prise de contact d'une communauté provenait d'un membre de l'équipe municipale, émanant du quartier, de la commune ou du conseil municipal. Parfois, un membre du conseil participera au Groupe de Pilotage, ou bien le conseil offrira son soutien de diverses façons.

Dans le livre Peak Oil Prep, Mick Winter affirme que le rôle principal du gouvernement national aux États-Unis (à remplacer pas le gouvernement national du Royaume -Uni) est de « rester hors du chemin des autorités locales ». Il écrit :

« Elles savent mieux que l'État ce dont elles ont besoin. Donnez-leur ce qu'elles veulent. Concentrez-vous sur des projets qui servent les régions… Si quelque chose peut être fait au niveau local, les États devraient donner aux communes ce dont elles ont besoin pour le réaliser. Si quelque chose ne peut être réalisé qu'au niveau national, alors c'est la responsabilité de l'État. »

Au Royaume-Uni, on peut faire descendre ce modèle d'un niveau, et estimer que le rôle des autorités locales est aussi de faciliter les processus de Transition, non de les diriger ou de les guider, mais de les soutenir. De plus en plus, les élus contactés possèdent une compréhension de ce processus. Un président de conseil municipal qui a contacté le Réseau de Transition a écrit :

« Bien que je souhaiterais voir le conseil soutenir un mouvement de Transition, l'une des choses que je trouve les plus séduisantes au sujet des Initiatives de Transition est l'implication des communautés de base. Selon mon expérience, le meilleur modèle est celui du conseil qui soutien et encourage les diverses communautés, mais où la plupart, sinon toutes les initiatives viennent des groupes communautaires.

En tant que conseillers, nous devons être conscients que les Initiatives de Transition ne sont pas seulement quelque chose que nous accordons aux communautés ; ce ne sera pas seulement un insigne ou un symbole pour le conseil, c'est quelque chose qui aura lieu de toute façon. L'aide du conseil épaulera et facilitera la naissance, et le conseil peut aussi aider les idées à se répandre dans des parties de la communauté qu'elles n'auraient pas atteintes autrement. »

Quand les Initiatives de Transition s'adressent à leur conseil local ou de quartier, elles le font en tant que portions significative de la communauté, portée par le mouvement d'une lame de fond. À Kinsale, une fois le Plan de Descente Énergétique terminé, il a été soumis au conseil municipal de Kinsale, qui l'a approuvé à l'unanimité. À Totnes, six mois après le Déchaînement Officiel, le conseil a adopté une résolution appuyant le travail de Totnes Ville en Transition (TVT). Ce soutien est très puissant pour développer l'initiative de façon plus crédible, mais il ne faudrait le rechercher qu'à partir du moment où le projet a une histoire et a élaboré son identité.

Dans de nombreuses villes des États-Unis, comme Portland et Oakland, l'adoption par les autorités locales d'un « Arrêté Pic Pétrolier » est considéré comme une étape majeure. C'est peut-être vrai, mais je pense que les premiers pas décisifs sont d'amener la communauté à une prise de conscience et de construire l'énergie du projet, plutôt que de se dissoudre à une étape précoce dans le monde déroutant de l'écriture et de l'application des politiques au niveau local. Une fois ceci accompli, l'administration locale voudra faire partie du processus parce qu'elle y voit un lieu où l'énergie et la pensée innovante se déploient.

En termes d'interaction entre TVT et les autorités locales, l'un des éléments les plus importants est leur relation avec le Groupe de l'Administration Locale. Ce dernier a été formé par un groupe de personnes ayant occupé pendant quelque temps la fonction de conseiller municipal, ou siégé dans diverses institutions et compris comment les structures locales fonctionnent.

Ce groupe parcourt tous les nouveaux programmes d'événements à venir et invite les élus dont ils estiment qu'ils y ont leur place. Il gardent aussi un œil sur les futures réunions du conseil. Il constituent un élément capital de l'initiative TVT. On peut affirmer que si, à une étape précoce, des figures éminentes de la vie politique locale veulent participer, leur rôle est de travailler avec un tel groupe pour développer le processus global dans son ensemble.


 

De nouvelles adresses pour les réseaux de transition francophones

Toute l'information sur la Transition pour l'Amérique du Nord est maintenant disponible sur

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Vidéo


Ville saturée, hyper-urbanisée (au détriment notamment des terres cultivables) et connaissant de nombreux pics de pollution tout au long de l’année, Grenoble et son agglomération sont aujourd’hui des modèles de ce qu’il ne faut pas faire en terme d’urbanisme. Or, à l’heure des bouleversements climatiques et de la crise écologique multiforme, il existe pourtant un risque non négligeable de voir par exemple de nouveaux projets routiers rendus compatibles avec le ScoT et de constater que l’obligation « d’intégrer l’empreinte écologique » peut faire l’objet d’interprétations pour le moins réductrices... Au reste, le film rappelle que les occasions ne manquent pas pour les décideurs locaux de se passer de l’avis de la population dans la mise en oeuvre de grands projets (Minatec).

Ainsi, à travers un film qui a la prétention d’aller plus loin que les bonnes intentions affichées du ScoT en posant les questions qui dérangent (décroissance, démocratie, etc.), les Amis de la Terre Isère souhaitent d’une part réaffirmer que l’urgence de la crise écologique nous impose de vrais choix politiques au service de tous et destinés à s’inscrire dans la durée, et d’autre part, attirer l’attention sur le fait que l’élaboration du ScoT est une occasion unique pour les habitants de contribuer à définir des directives conformes aux objectifs de la France pour 2020 : 20 % d’économie d’énergie, 20 % de réduction de GES par rapport à 1990 et 23 % d’énergies renouvelables (loi Grenelle du 3 août 2009).

«  Grenoble 2030 » s’appuie sur le témoignage d’objecteurs de croissance (Paul Ariès) et d’acteurs de l’écologie au niveau national (Pierre Rabhi), apportant un éclairage sociologique et philosophique. Le film donne également la parole à des citoyens concernés par le devenir de leur territoire de vie : Rocade Nord, agriculture, pollution de l’air, déchets, etc.

La transition de A-Z

"Les organisations collectives inclusives, dont le représentant emblématique est la mouvement des villes en transition, partagent avec les organisations réactives le fait de s’adresser aux communautés. Elles s’adressent à la communauté dans son ensemble, c’est à dire autant aux personnes, qu’aux entreprises, aux instances politiques, aux associations. Le but est que tout le monde participe...