On utilise, même en français, le mot anglais backcasting pour désigner une manière de voir et de penser qui permet d'œuvrer pour le développement durable avec intelligence, rigueur et efficacité. L'attitude habituelle dans ce domaine consiste à s'engager à opérer des amélioriations successives, dans le cadre de prévisions faites à partir des tendances actuelles à limiter les dégâts ; en réduisant, par exemple, les émissions de CO2. Cette approche paraît réaliste car elle repose sur un compromis entre les intérêts économiques et les obligations écologiques. Pour quiconque toutefois prend vraiment au sérieux le double problème du pic pétrolier et du réchauffement climatique, désormais aggravé par la crise alimentaire mondiale et la crise financière, c'est la moins réaliste des approches possibles. On raisonne alors ainsi: «Le mur est là à l'horizon, mais plutôt que de tout mettre en oeuvre pour l'éviter, contentons-nous de nous heurter à lui à une vitesse réduite et à retarder ce choc violent de quelques années.»
Voir sur Culture de transition, "De la pré-vision à la pro-vision"