Démarrer un groupe


L'exemple de Trièves

Schématiquement, lancer une initiative de transition peut se découper en trois phases :

  • préparation, à l'issue ou pendant laquelle se créer le groupe de départ ;
  • sensibilisation, à l'issue de laquelle le groupe de départ se dissout pour laisser place à un groupe de pilotage plus large et plus représentatif de la population ;
  • action.

À Trièves Après-Pétrole, nous en sommes à la fin de la préparation, aussi nous ne parlerons que de cette étape pour le moment.
 

Un peu d'histoire…
L'initiative Trièves Après-Pétrole a été relativement facile à démarrer : le Trièves est un territoire rural relativement petit, très dynamique, où il est facile de rencontrer les gens et les élus. Les initiatives écologiques et alternatives sont nombreuses, les élus sont sensibles à ces thèmes, les collectivités expérimentent, tout le monde se connaît dans ces réseaux et en dehors. Il n'a donc pas été complexe de rassembler un premier groupe de personnes prêtes à soutenir l'initiative.

Néanmoins, l'incrédulité à laquelle on se heurte quand on aborde le pic pétrolier, le choc que cela représente généralement pour les gens et l'ampleur du travail nous ont amené à procéder par étapes. Un principe nous guide depuis le début : ne pas s'adresser au public avant d'être prêts, c'est-à-dire ne pas précipiter les chose au risque de rencontrer un échec. De fait, nous avons réfléchi un an avant de lancer l'initiative en septembre 2008, et depuis nous réunissons informations et outils pédagogiques en vue de la phase de sensibilisation du public, qui débutera début avril 2009.
 

… et quelques conseils

- Soyez sûr(e) de votre motivation : c'est un travail de longue haleine qui vous amènera à côtoyer beaucoup de gens, avec tous les hauts et les bas des relations humaines. Un goût pour la pédagogie, l'écoute des autres et les réalisations concrètes est crucial. Une approche purement intellectuelle risque de ne pas aller bien loin. Soyez prêt(e) à partager l'aventure avec des gens très différents de vous par leurs histoires, leurs sensibilités et leurs motivations.

- Choisissez une échelle d'action cohérente et à votre mesure (commune, terroir, canton, quartier) ; commencer trop grand risque de vous épuiser et de vous éloigner du terrain.
- Commencez par rencontrer les gens qui agissent et qui ont une expérience dans l'écologie, les alternatives, la décroissance, la sensibilisation du public, la démocratie participative, l'éducation populaire. Faites-leur connaissance et faites-vous connaître. sachez ce qu'ils font.

- La crédibilité est un facteur important : il est plus facile d'être écouté et de convaincre si l'on est reconnu ou si l'on représente une structure reconnue. À défaut de l'être soi-même, trouver un ou des porte-parole en qui les gens peuvent avoir confiance. N'hésitez pas à aller chercher ailleurs des personnes compétentes.
- Informez-vous bien sur le pic pétrolier et ses conséquences, sur les facteurs économiques et sur les différents concepts de la transition : vous aurez à vaincre l'incrédulité et à répondre à de nombreuses questions, soyez sûr(e) de vous. Il vaut mieux agir sur la base d'un bonne compréhension que sur une simple conviction.

- Quand vous sentez les choses mûres, entourez-vous de quelques personnes (au moins 3) aussi déterminées que vous à travailler sur le long terme. Soyez clair(e) sur les objectifs et l'engagement que l'initiative implique. Mettez-vous en relation avec des groupes existants pour bénéficier de leur expérience.

- Avant de vous adresser au public, mettez au point votre organisation et votre communication : de quoi allez-vous parler, comment, avec quels supports (films, diaporamas, schémas, jeux, etc.), par quels canaux (réunions, projections, articles dans les journaux, émissions de radio, etc.). Les différents publics (grands public, jeunesse, élus, entreprises) demandent des communications différentes.

- Plusieurs séances d'information, dans différents lieux et auprès de différents publics seront nécessaire avant que votre initiative commence à faire parler d'elle. Il est important de bien toucher un large public et pas seulement les convaincus.

- Armez-vous de confiance, d'ouverture et de compréhension, soyez apte à la remise en question (demandez-vous ce qui n'a pas fonctionné avant de considérer que les “autres” ne comprennent rien), n'ayez pas peur de remettre l'ouvrage sur le métier. Rappelez-vous que tout le monde est invité et que “les personnes qui viennent sont les bonnes personnes”, comme le dit Rob Hopkins. Tous les points de vue sont valables, il ne s'agit pas de convaincre les autres d'une vérité, mais de créer une dynamique dans l'ensemble de la population.

- Expérimentez. Vous trouverez certainement des choses que nous n'avons pas trouvées.
 


 

Vidéo


Ville saturée, hyper-urbanisée (au détriment notamment des terres cultivables) et connaissant de nombreux pics de pollution tout au long de l’année, Grenoble et son agglomération sont aujourd’hui des modèles de ce qu’il ne faut pas faire en terme d’urbanisme. Or, à l’heure des bouleversements climatiques et de la crise écologique multiforme, il existe pourtant un risque non négligeable de voir par exemple de nouveaux projets routiers rendus compatibles avec le ScoT et de constater que l’obligation « d’intégrer l’empreinte écologique » peut faire l’objet d’interprétations pour le moins réductrices... Au reste, le film rappelle que les occasions ne manquent pas pour les décideurs locaux de se passer de l’avis de la population dans la mise en oeuvre de grands projets (Minatec).

Ainsi, à travers un film qui a la prétention d’aller plus loin que les bonnes intentions affichées du ScoT en posant les questions qui dérangent (décroissance, démocratie, etc.), les Amis de la Terre Isère souhaitent d’une part réaffirmer que l’urgence de la crise écologique nous impose de vrais choix politiques au service de tous et destinés à s’inscrire dans la durée, et d’autre part, attirer l’attention sur le fait que l’élaboration du ScoT est une occasion unique pour les habitants de contribuer à définir des directives conformes aux objectifs de la France pour 2020 : 20 % d’économie d’énergie, 20 % de réduction de GES par rapport à 1990 et 23 % d’énergies renouvelables (loi Grenelle du 3 août 2009).

«  Grenoble 2030 » s’appuie sur le témoignage d’objecteurs de croissance (Paul Ariès) et d’acteurs de l’écologie au niveau national (Pierre Rabhi), apportant un éclairage sociologique et philosophique. Le film donne également la parole à des citoyens concernés par le devenir de leur territoire de vie : Rocade Nord, agriculture, pollution de l’air, déchets, etc.