Le refroidissement adiabatique : la climatisation du futur est déjà là !

Introduction : Imaginez un procédé de rafraîchissement qui consomme 10 fois moins d’énergie qu’une climatisation classique, qui n’utilise que de l’eau et de l’air comme « carburant », et qui recrée l’effet d’une brise naturelle… Non, vous ne rêvez pas, cette solution existe et elle s’appelle le refroidissement adiabatique ! Méconnue du grand public mais utilisée depuis des millénaires, cette technologie fait un retour en force pour répondre aux enjeux environnementaux actuels. Découvrons pourquoi elle pourrait bien être la climatisation du futur.

Le refroidissement adiabatique, ou comment imiter la nature de façon intelligente


Le secret du refroidissement adiabatique réside dans un phénomène physique que la nature maîtrise à la perfection : l’évaporation de l’eau. Quand une goutte d’eau s’évapore, elle absorbe de l’énergie sous forme de chaleur à l’air qui l’entoure, le rafraîchissant naturellement. C’est ce qui explique la sensation de fraîcheur au bord d’une cascade ou d’une rivière. Un refroidisseur adiabatique reproduit ce processus de façon contrôlée : il met en contact un flux d’air chaud avec de l’eau, le plus souvent à travers un média humide. L’eau s’évapore au contact de l’air, transformant son énergie sensible (chaleur) en énergie latente (vapeur d’eau). L’air ressort ainsi naturellement plus frais et humide, sans autre apport énergétique que celui du ventilateur. C’est la chaleur gratuite de l’air qui sert de moteur à l’évaporation. Un processus à la fois simple, écologique et économique !

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Une technologie millénaire qui a su évoluer avec son temps


Le refroidissement adiabatique n’est pas nouveau. Déjà dans l’Antiquité, les Perses faisaient circuler de l’air au-dessus de l’eau pour rafraîchir leurs demeures. Au Moyen-Âge, les paysans conservaient leurs aliments frais en les entreposant dans des récipients en terre poreuse permettant une évaporation lente. Avec l’avènement de la climatisation au XXe siècle, ces techniques ancestrales ont été quelque peu oubliées. Mais suite aux chocs pétroliers des années 70, des industriels pionniers ont commencé à s’y intéresser à nouveau pour rafraîchir de grands volumes à moindre coût énergétique. Depuis lors, les refroidisseurs adiabatiques n’ont cessé d’évoluer et de se perfectionner pour répondre à des applications de plus en plus variées. Entrepôts, ateliers, gymnases, bureaux, écoles, data centers… Peu de secteurs échappent désormais à son champ d’action !

Des progrès technologiques qui font la différence


Pour transformer le refroidissement adiabatique en alternative crédible à la climatisation, les fabricants ont dû faire preuve d’ingéniosité. Leurs avancées portent sur plusieurs points clés :

  • L’optimisation des échanges air-eau avec des médias plus performants et une circulation d’air maîtrisée. Certains refroidisseurs appliquent le cycle de Maisotsenko associant une étape indirecte et une étape directe avec un seul échangeur pour se rapprocher du point de rosée.
  • La régulation intelligente qui adapte en permanence le débit d’air et le volume d’eau en fonction des conditions extérieures pour maintenir une température de consigne tout en optimisant la consommation.
  • La gestion raisonnée de l’eau avec des cycles automatiques de renouvellement pour éviter la stagnation et l’entartrage, et en récupérant l’eau non évaporée pour un premier étage de rafraîchissement indirect, le tout sans rejet polluant.
  • L’intégration facilitée dans des systèmes de ventilation existants ou neufs, en particulier dans les CTA double-flux avec un positionnement sur l’air repris pour un rafraîchissement indirect sans humidification.
    Ces innovations permettent aux refroidisseurs adiabatiques nouvelle génération de s’adapter à chaque bâtiment avec un confort et des performances optimisées.
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Des atouts environnementaux et financiers indéniables


Face à l’urgence climatique, le principal atout du refroidissement adiabatique est sans conteste son excellente performance énergétique. En remplaçant le compresseur gourmand en électricité d’une climatisation par un simple ventilateur, il divise sa consommation par 10. De quoi réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre sur le cycle de vie du bâtiment et contribuer à l’objectif de neutralité carbone. Par ailleurs, le procédé n’utilise aucun fluide frigorigène et évite donc les risques de fuites polluantes. L’eau mobilisée, en quantité modérée, retourne à son cycle naturel par évaporation sans être souillée ni rejetée dans les égouts.
Outre ses bénéfices environnementaux, le refroidissement adiabatique présente aussi un intérêt économique majeur. Son faible coût d’exploitation par rapport à un groupe froid classique permet un retour sur investissement rapide, souvent inférieur à 2 ans. Sa maintenance simplifiée sans compresseur ni circuit frigorifique offre aussi des économies significatives sur le long terme. Des arguments financiers qui s’ajoutent au confort apporté pour convaincre de plus en plus d’investisseurs.

Un large champ d’application qui ne demande qu’à s’étendre


Si le refroidissement adiabatique a d’abord trouvé son public dans l’industrie pour rafraîchir des grands volumes à moindre coût, il conquiert aujourd’hui des utilisateurs de plus en plus variés séduits par son efficacité et sa sobriété. On le retrouve ainsi couramment :

  • Dans des entrepôts, ateliers ou centres logistiques pour assurer de bonnes conditions de travail et de stockage.
  • Dans des ERP comme des gymnases, des centres commerciaux ou des lieux de culte pour apporter un rafraîchissement efficace à un grand volume d’air.
  • Dans des locaux tertiaires de type bureaux ou open-spaces comme alternative ou complément à la climatisation, souvent en association avec une ventilation double-flux.
  • Dans des établissements scolaires ou d’enseignement supérieur pour créer des conditions d’apprentissage optimales sans peser sur les charges.
  • Dans des EHPAD ou des établissements de santé pour apporter un confort adapté aux personnes fragiles.
  • Dans des data centers où sa capacité à se rapprocher de la température du point de rosée permet de refroidir efficacement des baies de serveurs dissipant beaucoup de chaleur.
    Et la liste est loin d’être exhaustive ! De plus en plus de maîtres d’ouvrage découvrent les vertus du free cooling adiabatique et l’intègrent dans leur cahier des charges HQE. La future RE2020 et ses exigences renforcées en matière de performance énergétique et de confort d’été devraient encore accentuer cette tendance.
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